Être trouvé près de chez soi

Photos de chantier, marques et fiches fabricants : ce qu'un artisan peut publier sur son site

Être trouvé près de chez soi · Publié le 2026-10-27

Artisan ponçant à la main une planche de bois posée sur un établi, dans un atelier au sol couvert de sciure
Le travail du bois en atelier. Photographie d'Ian Schneider, CC0. Illustration générale.

Pour un menuisier, un charpentier, un poseur de terrasses ou un façadier, la page des réalisations est souvent la plus consultée du site. On veut y montrer les chantiers, nommer les essences de bois, les panneaux, les isolants ou les bardages utilisés, et parfois proposer les fiches techniques des produits. Chacun de ces gestes touche aux droits de quelqu'un : le photographe, le client, le fabricant. Voici comment publier sans risque.

Les photos : qui en a les droits ?

Une photographie est en principe une œuvre protégée : son auteur décide de sa reproduction et de sa diffusion. Si vous avez pris la photo vous-même, ou un salarié dans le cadre de son travail, la question est simple. Si un photographe professionnel a réalisé un reportage sur vos chantiers, vérifiez ce que prévoit son contrat : un usage limité au site, ou une cession plus large (réseaux sociaux, brochures, salons) ? Nous détaillons ces règles de cession dans notre article sur le contrat de création et la propriété du site.

Les photos trouvées en ligne, y compris sur le site d'un fabricant ou dans un catalogue, ne sont pas libres de droits. Service Public Entreprendre rappelle, dans sa fiche sur les mentions obligatoires d'un site d'entreprise, qu'il faut s'assurer de disposer des droits sur les contenus publiés. Pour illustrer une page générale, les banques d'images sous licence libre (domaine public, licences de type CC0) sont une solution, à condition de vérifier la licence de chaque image et de ne pas la présenter comme une réalisation de l'entreprise.

Les chantiers chez les particuliers

Une maison terminée, une cuisine posée, une terrasse en bois : ces images sont précieuses, mais elles montrent le domicile de quelqu'un. Trois précautions s'imposent.

  1. Demander l'accord du client, par écrit. Une clause dans le devis ou un simple courriel suffit : « J'accepte que des photos de la réalisation, sans élément permettant de m'identifier, soient publiées sur le site et les réseaux de l'entreprise. » Le client peut refuser ; respectez-le.
  2. Ne pas montrer de personnes sans leur autorisation. Toute personne dispose d'un droit sur son image et au respect de sa vie privée : on ne publie pas la photo d'une personne reconnaissable sans son accord, rappelle service-public.gouv.fr. Cela vaut pour le client, sa famille, les voisins… et vos propres salariés.
  3. Ne pas permettre de localiser le logement. Évitez numéros de rue, plaques d'immatriculation, courrier, photos de famille, et retirez des fichiers les données de géolocalisation que les téléphones enregistrent automatiquement. Pour la légende, la commune suffit, et seulement si le client l'accepte.

Nommer les matériaux et les marques

Les clients d'un artisan du bâtiment veulent savoir ce qu'on va poser chez eux : l'essence de bois d'un bardage ou d'une terrasse, le type de panneau, l'isolant, la membrane d'étanchéité, la marque d'une menuiserie. Les nommer est utile et, en principe, légitime : une marque peut être citée pour désigner le produit qu'elle identifie, de façon honnête.

Les limites tiennent à la loyauté. N'utilisez pas le logo d'un fabricant comme s'il s'agissait d'un partenariat, et n'écrivez « revendeur agréé », « installateur certifié » ou « partenaire officiel » que si c'est vrai et documenté. Un fabricant qui propose un réseau d'installateurs agréés fournit en général à ses membres des éléments graphiques et des règles d'usage : c'est dans ce cadre, et seulement là, qu'on peut afficher son logo. De même, une comparaison avec un produit concurrent doit rester objective et vérifiable.

Fiches techniques et documents des fabricants

Les produits de construction (bois de structure, panneaux, isolants, bardages, membranes, lames de terrasse) sont accompagnés de fiches techniques, de notices de pose et, pour beaucoup, d'une déclaration des performances établie par le fabricant dans le cadre de la réglementation européenne sur les produits de construction. Ces documents évoluent : nouvelles versions, gammes arrêtées, performances révisées.

Labels, qualifications et assurances

Les qualifications professionnelles, la mention RGE pour les travaux de rénovation énergétique ou le titre de maître artisan sont de vrais arguments. Affichez-les seulement s'ils sont détenus et en cours de validité, avec le domaine exact qu'ils couvrent, et retirez-les dès qu'ils expirent : un label affiché à tort est une pratique commerciale trompeuse. Il en va de même pour les mentions d'assurance : les artisans du bâtiment soumis à l'assurance décennale doivent la mentionner sur leurs devis et factures ; si vous la citez sur le site, indiquez l'assureur et la couverture géographique tels qu'ils figurent sur votre attestation.

Une page de réalisations qui travaille pour vous

Une bonne fiche de réalisation tient en quelques éléments : la demande du client, la solution choisie, les matériaux et leur provenance quand elle est connue, la durée du chantier, deux à six photos légendées. Ce format répond précisément aux questions des futurs clients, aide les moteurs de recherche à comprendre votre métier (voir notre article sur le référencement local) et alimente aussi votre fiche d'établissement. Mieux vaut dix chantiers bien documentés que cent photos sans contexte.

Sources