Projet & installation

Le budget d'un site internet de TPE : création, frais récurrents et coût sur trois ans

Projet & installation · Publié le 2026-10-27

Table blanche avec un carnet ouvert, un crayon, des lunettes, un téléphone et un ordinateur portable
Poser les chiffres avant de signer. Photographie de JESHOOTS.COM, CC0.

« Combien coûte un site ? » La question n'a pas de réponse unique, et les fourchettes qui circulent en ligne mélangent des projets sans rapport. Plutôt qu'un prix moyen, voici une méthode : lister les postes, distinguer ce qui se paie une fois de ce qui revient chaque année, et comparer les offres sur trois ans. C'est le seul calcul qui permet de choisir en connaissance de cause.

Ce qui se paie une fois

La création regroupe plusieurs prestations que les devis présentent plus ou moins en détail : conception de la structure, maquettes graphiques, intégration des pages, paramétrage des fonctions (formulaire, galerie, prise de rendez-vous), mise en ligne. S'y ajoutent parfois la création d'un logo ou d'une charte graphique, la rédaction des textes, la prise de photographies, la traduction.

Demandez que chaque poste soit chiffré séparément. Cela permet de retirer ce que vous pouvez faire vous-même (vos textes, par exemple) et de comparer ligne à ligne. Un devis forfaitaire unique n'est pas forcément suspect, mais il rend la comparaison difficile et les avenants plus délicats à discuter.

Pensez aussi aux contenus. Des photos de réalisations nettes et récentes sont souvent ce qui convainc le plus un client d'artisan. Si vous n'en avez pas, prévoir quelques demi-journées de prise de vue sur des chantiers terminés peut être un meilleur investissement qu'une animation graphique.

Ce qui revient chaque année

PosteÀ quoi il sertÀ vérifier
Nom de domaineL'adresse du site et des courrielsTitulaire au nom de l'entreprise, date d'expiration, renouvellement automatique
HébergementLe serveur qui stocke et sert le siteContrat à votre nom ou inclus dans la maintenance ; sauvegardes
MaintenanceMises à jour de sécurité, corrections, petites modificationsCe qui est inclus, délais d'intervention, coût des demandes hors forfait
AbonnementsOutil de création en ligne, prise de rendez-vous, messagerie, extensions payantesEngagement, conditions de résiliation, export des données
Certificat et sécuritéConnexion chiffrée (https), protection contre les attaques courantesSouvent inclus dans l'hébergement ; à confirmer

Pour le nom de domaine, l'ordre de grandeur est connu : l'Afnic, qui gère l'extension .fr, indique qu'un nom en .fr coûte « 12 € par an en moyenne », selon les services choisis. Pour les autres postes, les écarts sont trop grands pour qu'un chiffre moyen ait un sens : un hébergement mutualisé pour un site de cinq pages et un hébergement géré avec sauvegardes quotidiennes et intervention garantie ne sont pas le même produit. Demandez des prix écrits, toutes taxes comprises ou hors taxes selon votre régime, et sur une année complète.

Le calcul sur trois ans

Pour comparer deux offres, additionnez la création et trois années de frais récurrents. Trois ans, parce que c'est à peu près la durée pendant laquelle un petit site reste utilisable sans refonte importante, et parce que c'est souvent la durée des engagements proposés.

  1. Création : montant total du devis, options comprises.
  2. Récurrent annuel : nom de domaine + hébergement + maintenance + abonnements.
  3. Total sur trois ans : création + trois fois le récurrent annuel.
  4. Sortie : ce que coûterait le départ au bout de trois ans (récupération des fichiers, transfert du nom de domaine, pénalités éventuelles).

Ce dernier point est souvent décisif. Une offre sans frais de création, mais avec un loyer mensuel sur plusieurs années et un site qui reste la propriété du prestataire, peut coûter davantage qu'une création payée une fois, tout en vous laissant sans rien à la fin. Nous détaillons ces clauses dans notre article sur le contrat de création et la propriété du site.

Le poste invisible : votre temps

Aucun devis ne le chiffre, et c'est pourtant souvent le premier poste qui fait dérailler un petit projet. Il faut du temps pour expliquer son métier au prestataire, rédiger ou relire les textes, trier les photos, valider les maquettes, puis, une fois le site en ligne, le tenir à jour : horaires de congés, nouvelles réalisations, changements de tarifs.

Si vous savez que vous n'aurez pas ce temps, mieux vaut un site plus petit, que vous pourrez maintenir, qu'un site ambitieux qui vieillira dès le premier mois. Et si vous comptez confier la mise à jour au prestataire, faites-la chiffrer au départ.

Le site dans le budget d'installation

Pour une entreprise qui démarre, le site n'est qu'une ligne du budget d'installation, à côté de l'outillage, du véhicule, des assurances et du local. Il est utile de le replacer dans cet ensemble : un artisan qui hésite entre deux villes ou deux ateliers fera mieux de regarder d'abord le loyer de l'atelier et celui du logement, qui pèseront chaque mois bien davantage, avant de fixer ce qu'il peut consacrer à sa présence en ligne.

Enfin, certaines dépenses numériques peuvent être en partie financées. L'État et les collectivités proposent des aides à la transformation numérique des TPE et PME, dont les conditions varient selon les régions et évoluent dans le temps : voir notre article sur les aides publiques au numérique. Bpifrance propose aussi, en partenariat avec France Num, un « Prêt Boost - Transformation numérique » destiné à faciliter l'obtention d'un prêt bancaire pour ce type de projet.

Sources