Le cahier des charges d'un site vitrine d'artisan : une trame simple en dix rubriques

Le mot fait peur, mais le cahier des charges d'un site vitrine tient souvent en deux pages. Il sert à une chose : décrire votre besoin assez clairement pour que plusieurs prestataires chiffrent la même prestation, et pour que, à la livraison, chacun sache si le travail est fait. Voici une trame en dix rubriques, pensée pour un artisan ou une petite entreprise.
À quoi sert un cahier des charges
Sans document de référence, chaque prestataire imagine votre site à sa façon. L'un prévoit cinq pages, l'autre quinze ; l'un inclut la rédaction, l'autre attend vos textes ; l'un compte la mise en conformité des mentions légales, l'autre non. Les devis ne sont alors pas comparables, et les malentendus apparaissent à la livraison, quand il est trop tard.
Le cahier des charges sert aussi après la signature. Annexé au contrat ou au devis accepté, il devient la description de ce qui est dû. Si une fonction annoncée manque, c'est à lui que l'on se réfère. C'est pourquoi il vaut mieux qu'il soit court et précis plutôt que long et vague.
La trame en dix rubriques
1. Qui vous êtes
Quelques lignes : votre métier, votre zone d'intervention, votre taille, ce qui vous distingue. Indiquez si vous avez déjà un site, un logo, un nom de domaine, une fiche d'établissement en ligne.
2. Les objectifs du site
Ce que le site doit produire, en une phrase par objectif : recevoir des demandes de devis, éviter des appels pour connaître les horaires, présenter des réalisations, recruter, vendre quelques produits. Classez-les : un site ne peut pas tout faire en priorité.
3. Le public
Particuliers ou professionnels, du quartier ou de toute la région, plutôt sur téléphone ou sur ordinateur ? Ces réponses orientent la structure du site, la taille des textes, la place du numéro de téléphone.
4. L'arborescence
La liste des pages, même provisoire : accueil, prestations (une page par grand type de travaux, si c'est pertinent), réalisations, zone d'intervention, à propos, contact, mentions légales, données personnelles. Pour un site vitrine d'artisan, une dizaine de pages couvre en général l'essentiel.
5. Les fonctions
Formulaire de contact, prise de rendez-vous, galerie de photos, carte, téléchargement d'un document, paiement en ligne. Pour chacune, écrivez ce qu'elle doit permettre, pas l'outil à utiliser. Une fonction de paiement ou de réservation change beaucoup le projet : signalez-la clairement.
6. Les contenus
Qui écrit les textes, qui fournit les photos, combien, sous quelle forme et à quelle date ? C'est la rubrique la plus souvent oubliée, et la première cause de retard des petits projets. Si vous fournissez des photos de chantier, vérifiez que vous avez le droit de les publier ; nous traitons ce point dans notre article sur les photos de chantier, les marques et les fiches fabricants.
7. Les obligations légales
Demandez explicitement que le site comporte les mentions obligatoires, une information sur les données personnelles et, si le site dépose des traceurs soumis au consentement, un dispositif de recueil du consentement conforme aux recommandations de la CNIL. Ces points sont détaillés dans notre article sur les mentions légales obligatoires. Mentionnez aussi l'accessibilité aux personnes handicapées, même si votre entreprise n'y est pas tenue : c'est une qualité qui profite à tous les visiteurs.
8. L'identité visuelle
Logo, couleurs, typographies existantes, ou besoin de les créer. Donnez deux ou trois exemples de sites que vous trouvez clairs, en expliquant pourquoi : ce qui vous plaît est plus utile que ce que vous voulez copier.
9. Délais et budget indicatif
Une date souhaitée de mise en ligne, et si possible une fourchette de budget. Annoncer un budget n'est pas se mettre en position de faiblesse : cela permet au prestataire de proposer une solution adaptée plutôt que la plus chère ou la plus simple. Notre article sur le budget d'un site de TPE aide à poser les postes.
10. La suite après la mise en ligne
Qui mettra à jour le site ? Voulez-vous pouvoir modifier vous-même les textes et les photos ? Faut-il une maintenance, des sauvegardes, un hébergement géré ? Demandez que ces éléments soient chiffrés à part, sur une base annuelle.
Ce qu'il vaut mieux ne pas écrire
Un cahier des charges d'artisan n'a pas besoin de vocabulaire technique. Imposer un outil précis, une technologie ou un hébergeur sans raison réduit le nombre de réponses et vous prive des propositions de ceux qui connaissent mieux le sujet. De même, évitez les objectifs invérifiables (« être premier sur Google », « doubler le chiffre d'affaires ») : un prestataire honnête ne peut pas s'y engager, un prestataire moins scrupuleux s'y engagera sans le tenir.
Évitez aussi les formules du type « site moderne et dynamique ». Elles ne disent rien. Préférez des critères observables : « le numéro de téléphone est visible sans faire défiler l'écran sur un téléphone », « la page d'une prestation présente au moins trois photos de réalisations », « je peux remplacer une photo sans aide ».
Se faire aider pour le rédiger
Si l'exercice vous paraît difficile, plusieurs dispositifs publics peuvent vous accompagner. Le site France Num, porté par la Direction générale des Entreprises, propose des diagnostics numériques pour évaluer sa maturité, des guides par thème (« Comment démarrer avec le numérique ? », « Être visible sur internet ») et un agenda d'événements gratuits, en ligne ou près de chez soi. Les chambres de métiers et de l'artisanat et les chambres de commerce et d'industrie organisent aussi des ateliers ou des rendez-vous individuels sur la présence en ligne ; renseignez-vous auprès de celle dont vous dépendez.
Une fois rédigé, faites relire le document par quelqu'un qui ne connaît pas votre métier. S'il comprend ce que vous attendez du site, un prestataire le comprendra aussi. Vous pourrez alors l'envoyer, identique, à trois ou quatre candidats, en suivant les conseils de notre article sur le choix d'un prestataire.
Sources
- France Num (Direction générale des Entreprises), page d'accueil : diagnostics numériques, guides thématiques et agenda (consultée le 27 octobre 2026).
- Service Public Entreprendre, « Mentions obligatoires sur le site internet d'une entreprise », fiche F37351 (vérifiée le 13 octobre 2026).
- CNIL, « Cookies et traceurs : que dit la loi ? » (publié le 29 septembre 2020).
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